lundi 16 juin 2008

Dégel dans la crise diplomatique RDC-Belgique

Constat d'apaisement dans la crise diplomatique entre la RDC et la Belgique déclenchée par les remarques qualifiées de discourtoises du ministre belge des Affaires étrangères à l'endroit des autorités congolaises sur la gestion de leur pays.

Les critiques émises par le chef de la diplomatie belge Karel De Gucht lors de la visite à Kinshasa au mois de mai d'une délégation ministérielle qu'il conduisait avait soulevé des réprobations des autorités congolaises qui étaient allées jusqu'à fermer les consulats de la RDC à Anvers et ceux de la Belgique à Lubumbashi et Bukavu.

Cette crise avait fait craindre le pire, notamment une rupture des relations diplomatiques entre la Belgique et son ancienne colonie. Mais ce point de non retour n'a heureusement pas été franchi. Un sursaut de prise de conscience a dominé surtout dans les milieux belges pour calmer les esprits surchauffés.

L'état actuel des relations entre la Belgique et la RDC justifierait aux yeux des Verts francophones un voyage d'Yves Leterme dans ce pays; "c'est d'ailleurs bien la seule fois où un voyage du premier ministre se justifierait", avait lancé Isabelle Durant du groupe Ecolo à la Chambre, comme le rapportait Actu24.be.

Le temps de l'orageuse controverse autour des remarques belges apparaît révolu. Il est signalé une reprise de service des émissaires de la diplomatie secète des deux pays. Les deux parties belge et congolais recherchent maintenant à colmater les brèches et à relancer la dynamique de coopération entre Kinshasa et Bruxelles ainsi que le laissent percevoir le ton de conciliation dans les propos des dirigeants des deux pays.

Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open Vld), a souhaité ce lundi la fin du débat "stérile" sur le message qu'il a adressé aux autorités congolaises.

"Je souhaite que l'on mette fin, ici et là-bas, à un débat stérile sur le ton de mon message", a-t-il affirmé en ouvrant les traditionnelles "journées de contact diplomatiques", qui rassemblent plus d'une centaine d'ambassadeurs et de diplomates de haut rang, rappelés pour l'occasion à Bruxelles.

« On ne peut pas rester insensible à certaines choses qui se passent au Congo, mais il est vrai qu’on n’arrivera pas à avancer si on continue à se lancer des invectives. Je ne dis pas que c’est le cas pour l’instant, mais veillons à ce que les relations soient normalisées », a dit le chef du gouvernement belge. Un cabinet de crise a été mis en place à Bruxelles pour examiner la situation découlant des déclara­tions du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Guchut.

De son côté, le Premier ministre Yves Leterme n'est pas resté indifférent. Il a plutôt réagi positivement dans le sens de l'accalmie de la situation. « Je veux rétablir la relation de confiance entre la Belgique et le Congo au cas où celle-ci était en danger".

"Nous avons, a renchéri le Chef du gouvernement belge, des relations privilégiées et prioritaires avec le Congo, une responsabilité particulière en tant que pays en rapport à cette partie du monde et tout incident qui mettrait aussi en péril le travail que les Belges effectuent sur place sous l’impulsion du gouvernement est une mauvaise chose ». Cette déclaration de Yves Leterme, a été reprise par le journal Libre Belgique dans son édition de lundi

Les scènes de mé­nage entre la Rdc et la belgi­que, on en a l’habitude. Il est anormal qu’on y revienne de façon cyclique sans le moindre calcul des consé­quences pour les deux pays. La dernière crise aura eu pour mérite, celui de dé­montrer que non seule­ment personne ne peut dire n’avoir besoin de l’autre, mais aussi per­sonne n’a pris la résolu­tion de la rupture. Il y a certes des moments d’émotions fortes.

Mais, plus personne n’a le droit de ramener ces deux peuples au vieux souvenir au moment où la po­pulation de deux pays s’est rajeunie, et qu’il y a une nouvelle classe poli­tique partout qui a besoin d’affronter les enjeux de la mondialisation. Kinshasa avait mal senti avec raison les pro­pos du ministre belge des Affaires Etrangères Karel De Gucht. Tout autre gou­vernement réagirait de la même façon.

On ne voit pas la Belgique acquies­cer si la Hollande clamait sur les toits qu’elle avait le droit moral d’immixtion dans les affaires belges. Chaque pays connaît des difficultés. Et la Belgique vient d’en sortir après plus de cent jours sans exécu­tif fédéral. Cela ne peut donner l’occasion à un autre pays de le traîner dans la boue.

Que la Bel­gique soit sortie de cette crise profonde qui mettait en mal l’unité nationale, c’est preuve que rien dans les affaires qui opposent les hommes n’est insoluble.



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