lundi 16 juin 2008

Polémique autour du blocage des comptes bancaires de jean pierre Bemba

Le Procureur Général de la République, Mushagalusa Ntayondeza'ndi, a, dans le cadre d'une réquisition adressée à la Banque Internationale de Crédit, ordonné le gel des comptes du leader du Mouvement de Libération du Congo ainsi que ceux de son épouse et de ses enfants.

Dans sa parution de samedi dernier, le journal "La Libre", relayant la polémique née de cette décision du parquet général, indique que dans une motion d'information formulée à l'endroit du ministre de la Justice, Maître Symphorien Mutombo Bakafwa Nsenda, le député national Lisanga Bonganga, proche de Jean- Pierre Bemba, a émis quelques inquiétudes.

En effet, Il a déclaré que "si aujourd'hui la justice devient un outil au service des intérêts obscurs, des manipulations internes et internationales (...), nous allons vers la dérive totale de notre jeune démocratie".

Cet élu de la chambre basse du parlement et tous ceux qui sont d'accord avec lui affirment que la décision sus-évoquée est illégale, ceci dans la mesure où l'actuel Procureur Général de la République, récemment nommé, n'a pas encore prêté serment.

"En vertu de quoi peut-il bloquer les comptes des membres de sa famille même si l’intéressé a des ennuis judiciaires, alors que son immunité n’a pas encore été levée ?",s'interrogent-ils.

Pour les « anti-motion »,la mesure prise par le PGR reste légale malgré le fait qu'il n'ait pas encore prêté serment. Ils soutiennent par ailleurs que "la Convention de Rome ignore la notion des immunités au niveau de l’Etat signataire".

D'autre part, Revue2presse qui s'interroge sur ce gel sollicité par la Cour Pénale Internationale, fait réagir un universitaire qui voit à travers ladite démarche la volonté de poursuivre l'incriminé sur ses dérapages financiers en plus des préventions mises à sa charge.

‘‘Si la CPI décide d’enquêter également sur les dérapages financiers des autorités congolaises, cela est véritablement une bonne chose’’ a estimé un professeur d’université qui espère vivement que l’élan pris par la CPI ne s’arrêtera pas qu’à Jean Pierre Bemba. ‘‘Il ne serait pas inintéressant que tous les actes posés directement ou indirectement par les différents belligérants, sans exception de statut, ne puisse être scrutés par la CPI. Ainsi pourra-t-on mettre fin à cette prime donnée à la guerre en 2003, en instituant la formule 1+4’’, pense-t-il le plus sérieusement du monde.

La Cour Pénale Internationale invitée à éclairer l'opinion sur cette question préfère se taire. Pourtant, selon une source de la CPI qui a requis l'anonymat, la procédure du gel des comptes de JP Bemba est une procédure normale mais confidentielle. cela est arrivé aussi avec Thomas Lubanga.

Aucun commentaire: