La République démocratique du Congo observe un phénomène non moins important dans son circuit monétaire. Les manquants dans les liasses des billets de banque servis aux clients de certaines banques commercialesParmi les victimes, on compte notamment les fonctionnaires de l'Etat, les policiers et les militaires dont le pouvoir d'achat n'est pas enviable.
Dans une laisse, il y a souvent le manquant de l'ordre de 5 billets ( une liasse compte 25 billets).
Cette situation provoque souvent les mécontentements au sein de la masse ouvrière qui épingle les comptables et autres agents payeurs comme étant à la base de cette fraude tant décriée.
Il est bon de noter que des agents de ces banques de dépôt sont commis dans les grandes sociétés de la place pour récolter les fonds, le recompter et les convoyer vers leurs entreprises respectives.
Le système de vérification n'est pas performant pour déceler les irrégularités. Le comptage se fait soit par bottes, soit par sacs. Ainsi, les petits détails échappent parfois à leur observation.
Les colis déposés dans cette circonstance de temps, de lieu et de manière sont servis aux clients avec toutes les conséquences que cela implique.
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Un autre fait observé, c'est la présence sur les bottes d'argent de signatures d' agents compteurs et vérificateurs qui, lors des réclamations, ne sont ni interpelés ni sanctionnés.
Les agents de la fonction publique qui se réunissent quotidiennement à la place "Golgotha" affirment sous l'anonymat que la situation dont ils sont victimes à chaque paie crée des conflits sur leurs lieux de travail et même dans leurs foyers."Golgotha" symbolise la crucifixion de Jésus Christ par les Juifs. De même que les travailleurs congolais se sentent écraser- comme le Christ- par leurs propres compatriotes tenant du pouvoir.
Bientôt de nouveaux billets à valeur faciale plus élevée
Les agents commis à la paie des salaires qui sont toujours victimes de la colère des travailleurs éprouvent des difficultés majeures devant l'intransigeance des banquiers qui réagissent rarement à leurs revendications.
Par ailleurs, la banque centrale du Congo, autorité monétaire du pays, ne recycle pas les billets. Dans le système normal, les billets impropres à la consommation doivent être incinérés et remplacés par des nouveaux, visibles seulement sur les tables des cambistes lors de la paie de certains dignitaires notamment les ministres, les députés et autres gestionnaires d'entreprises publique.
La banque centrale du Congo est à ce niveau indexée par la population dans la fabrication de la monnaie en recourant à la planche à billets par l'entremise de l'hôtel des monnaies.
Dans le même chapitre, le gouverneur de la banque centrale du Congo, M. Masangu Mulongo a annoncé le lancement prochain des billets à valeur faciale élevée. Ce qui va encore accentuer l'inflation et provoquer la présence de tonnes des francs congolais sur le terrain économique (voir le site du ministère des Finances pour en savoir plus sur la fabrication des billets).
"Dollaralisation" de l'économie congolaise Le financement monétaire du déficit de l'Etat, les affrontements armés, la rareté des devises sur le marché sont autant de raisons qui expliquent le recul de la monnaie congolaise par rapport aux devises étrangères. C'est ce qui conduit à la « dollarisation » de l'économie congolaise suite à la dépréciation de la devise nationale et la présence sur le marché d'une masse impressionnante de francs congolais qui échappent au contrôle de l'autorité monétaire au grand dam de la fédération des entreprises du Congo (FEC) qui assiste impuissant à la résurgence des pressions inflationnistes.
Des gros poissons dans le filet
Des gros poissons sont tombés récemment dans le piège des banques commerciales. Les revendications viennent du Kasaï Occidental où les députés provinciaux ont voté dernièrement une motion pour interpeler toutes les personnes impliquées dans la paie de leurs émoluments et des salaires de fonctionnaires de l'Etat.Les députés du Kasaï occidental avaient constaté des manquants considérables dans leurs revenus mensuels après avoir enregistré, dans ce cadre, plusieurs plaintes émanant des agents de la fonction publique.Espérons que c'est un déclic qui va pousser le pouvoir public à prendre des mesures drastiques pour mettre un terme à cette fraude.