La trentaine souriante, Mimo et Mami font partie de ces nombreuses Kinoises qui, pour générer les revenus nécessaires à la survie de leur famille, ont choisi d'investir le créneau de la vente du pain, aliment très prisés des Kinois qui le préfèrent sous forme de tartine à la pâte d'arachide, affectueusement baptisée "Kanga journée", en raison des forces qu'elle procure aux Kinois pour affronter les durs labeur de tout une journée.Armées d'une bassine, d'un pot en plastic rempli de pâte d'arachide, d'un coûteau et d'une poignée de sachets en plastic, nos deux vendeuses doivent se lever très tôt le matin (4-5 h) pour aller à l'assaut de la boulangerie «Pain Victoire», située sur l'avenue Kabinda, dans la commune de Lingwala, au nord de Kinshasa.
Dans l'enceinte de cette boulangerie, où de nombreux «dépositaires» (grossistes) et autres intermédiaires sont souvent amenés à passer leur nuit pour être servis, plusieurs heures d'attente sont souvent nécessaires avant la livraison du précieux aliment que les vendeuses se procurent auprès de ces derniers à raison de 2200 f la bassine de 25 baguettes.
Revendu 100 f l'unité (200 f la tartine), le pain rapporte 350 f de bénéfice par bassine à Mimo, qui, grâce à la vente à domicile, parvient à écouler 4 ou 5 bassines par jour. De quoi soulager son mari, veilleur de nuit, dont le salaire est une goutte d'eau dans la mer des problèmes de ce couple avec deux enfants à charge.Ayant interrompu ses études au niveau du bac car privée de moyens financiers, Mimo (27 ans) rêve également de se constituer, grâce à la vente de pain, le capital nécessaire pour investir dans un des créneaux les plus porteurs de la capitale congolaise, la vente de pagnes.
Contraintes et difficultés
A l'inverse, l'avenir paraît moins radieux pour Mami (27 ans), célibataire ayant interrompu sa scolarité en classe de 3ème, après le décès de son père, qui a laissé derrière lui une veuve dépourvue de moyens. N'ayant pas les 30 dollars nécessaires pour conserver sa place au grand marché, elle a dû abandonner le commerce des cacahuètes pour s'attaquer, depuis trois mois, au secteur du commerce ambulant de pain censé lui permettre de procurer des recettes d'appoint à l'épouse de son frère aîné, elle-même vendeuse de pain à domicile.
Mais en raison du temps perdu à se ravitailler, des contraintes physiques liées à l'activité et à la concurrence qu'elle doit affronter, Mami ne parvient à écouler que 2 bassines de pain par jour. "c'est fatiguant", soupire Mami, avant d'ajouter que "c'est difficile de prendre le pain parce qu'il y a beaucoup de gens".
C'est la raison pour laquelle six heures après son arrivée à la boulangerie Pain Victoire, Mamie attendait encore de prendre livraison de sa commande de pain.
A l'instar de Momi et Mami, nombreuses sont les Kinoises, qui réflexe maternel ou par instinct de conservation, ont choisi de faire front à l'océan des difficultés quotidiennes et qui ont pour noms faible niveau des salaires, flambée des prix, étroitesse du marché de l'emploi, pour ne citer que celle-là. A Kinshasa, peut-être plus qu'ailleurs, la femme est l'avenir de l'homme.
Les coulisses du reportage
boomp3.com
2 commentaires:
Ses dames sont à encourager, parce que sans cela elle ne pourront pas subvenir à leurs besoins.
J'aime bien le pain Victoir mais quand c'est chaud, car après il devient dure à macher.
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