jeudi 26 juin 2008

La hausse des prix des produits pétroliers durement ressentie dans les transports


Un climat de crispation générale est constaté actuellement dans la population congolaise confrontée à une hausse jamais vécue auparavant des prix des produits pétroliers avec pour effets d'entrainement une surenchère du coût des transports et du reste de denrées alimentaires et autres produits de consommation. De mémoire des Congolais, jamais les hausses des prix pétroliers ne se sont effectuées avec les proportions actuelles dans une intervalle de 25 jours.

Une gérante de station service de la capitale ayant requis l'anonymat révèle que la première hausse intervenue le 24 mai a fait passer le prix du litre d'essence à la pompe de 705 F.C. à 790 F.C., tandis que le gas oil passait lui de 700 F.C. à 785 F.C. Vingt-cinq jours seulement plus tard, soit le 19 juin, il est intervenu une nouvelle hausse fixant le prix du litre d'essence à la pompe de 790 F.C. à 825 F.C., à côté du gas oil reparti de 785 F.C. à 820 F.C.

Ces spectaculaires hausses ont été ressenties durement par la population congolaise qui s'est toujours plainte du manque de réajustement des rémunérations pour mitiger les cruelles retombées de la surenchère pétrolière. Les décideurs ont beau évoquer la vertigineuse montée du baril de pétrole sur le marché international comme cause des hausses des prix auxquels la RDC fait face, le public croit à de la négligence de la part des gestionnaires du pays.

Transporteurs en désarroi !

Parmi les transporteurs privés de la capitale dont la majorité s'est refusée à commenter les hausses des prix pétroliers, l'un d'entre eux répondant au nom d'Isidore Kinavuidi exprime le désarroi devant lequel sa profession est placée. "L'actuelle hausse, a-t-il déclaré, intervient à un mauvais moment: la veille des vacances qui nous prive déjà maintenant d'une bonne partie de notre clientèle que sont les élèves et les étudiants".

"Il y a aussi le fait que le réajustement du tarif de transport que nous sommes obligés d'appliquer énerve la grande partie de nos passagers qui sont des fonctionnaires déjà mal payés. Nous remarquons que certains de ces clients habituels réduisent carrément leurs déplacements, ce qui diminue nos recettes".

Le même transporteur privé déplore qu'il n'arrive plus à constituer le montant de versement des recettes journalières convenues avec le propriétaire du véhicule qu'il exploite. Plus loin il laisse entendre que cette situation annonce des lendemains qui ne chantent pas avec des risques sérieux de mouvement de mécontentement et de soulèvement populaire.

Par ailleurs, un travailleur également du secteur privé visiblement affecté déballe son dépit face aux déboires du relèvement du coût de transport consécutif de la hausse des prix des produits pétroliers. Ce travailleur exaspéré, un certain Alexandre Kashala qui a accepté de parler sans détours en s'exprimant en langue nationale (Lingala), clame en fait tout haut ce que tout le monde dit tout bas.

Il se plaint de la modicité de ses revenus qui ne lui permettent pas de supporter le nouveau tarif de transport pour des personnes comme lui habitant l'extrémité de la ville en banlieue dans la commune de Nsele. Il énumère la série de dépenses auxquelles il fait face, de la difficulté à subvenir aux besoins de sa famille, jusqu'à des dépenses des frais scolaires des enfants que la nouvelle conjoncture impose.

boomp3.com

La menace de tensions sociales ainsi entrevue est déjà perçue dans les milieux de certains regroupements sociaux, notamment dans les cercles du principal mouvement de l'opposition politique absente dans les institutions du pays, en l'occurrence l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Un des leaders de cette formation politique avait même annoncé pour mardi une marche de ses partisans sur les rues de Kinshasa, en signe de protestation contre les hausses des produits pétroliers. Mais la manifestation qui avait tout l'air d'enchères politiques n'avait plus eu lieu, comme cela a été constaté en fin de journée, alors que l'organisateur concerné de la marche n'avait pu être joint pour fixer l'opinion.

La perception de la situation dans les milieux du patronat est tout aussi inquiétante. Un représentant de l'association patronale, la FEC (Fédération des entreprises du Congo), a lui aussi acepté de s'exprimer sous le couvert de l'anonymat. Les pertinentes révélations qu'il a faites autour du relèvement actuel des prix des produits pétroliers méritent de retenir l'attention.

Selon le délégué de l'association patronale, la FEC avait prévenu les autorités gouvernementales depuis l'année dernière de la menace de débordement des prix de divers produits de consommation en République démocratique du Congo. Le patronat congolais avait présenté une série de propositions allant dans le sens de la maîtrise de l'envolée des prix qui s'esquissait avant même la hausse pétrolière sur le marché mondial.

Une troisième hausse reportée

Les importateurs des produits pétroliers distribués dans le pays ont été contraints d'adapter leurs prix de vente sur le marché congolais pour assurer le renouvellement de leurs stocks et éviter la pénurie qui allait ramener le désastre vécu il y a quelques années avec de longues files d'attente dans les stations service et une quasi parlysie du secteur des transports.

Les concertations qui se mènent actuellement entre la FEC et les autorités gouvernementales pour parer à la situation semblent ne pas concilier harmonieusement les vues des deux parties, a confié le délégué du patronat. Ce dernier a fait remarquer que le week-end dernier le ministre de l'Economie nationale a failli décider une troisième hausse des prix pétroliers. L'autorité économique congolaise a été dissuadée de relancer les prix à cause du climat morbide créé au Parlement à l'occasion de l'interpellation du ministre des hydrocarbures sur la gestion de ce secteur énergétique clé.

Pour le patronat, si le gouvernement n'adopte pas une politique volontariste de programmation préventive à long terme et d'assainissement de tout l'environnement économique, notamment en relançant la production interne, sa démarche de politique d'autruche n'amènera jamais les solutions appropriées pour de lendemains meilleurs. Une façon ou une autre de prédire que les nuages sombres qui s'amoncellent à l'horizon n'annoncent pas de beaux jours pour le pays.

Les autres raisons qui amènent cette vision pessimiste est le constat de combinaison d'autres facteurs négatifs tels, a encore révélé le représentant de la FEC, le récent relèvement du Smig porté de 1 à 3 dollars à partir du mois de juillet prochain, relèvement que bon nombre d'entreprises se disent ne pas être capables de supporter, tout comme la période de grandes dépenses de la veille de la rentrée scolaire qui a toujours traumatisé les parents. Alors, a clairement laissé entendre le délégué de la FEC, gare à la spirale actuelle des prix de pétrole qui risque de se révéléer détonatrice d'explosion sociale comme le pays l'a vécue lors du débordement des pillages de triste mémoire.

4 commentaires:

Ben Kabamba a dit…

Cette hausse n'est qu'à ses début. les prévisions annoncent que cela va continuer jusqu'au mois d'octobre. il faut que la population se réveille. Qu'elle exige au gouvernement des mesures concrètes pour pallier à cette hausse.

Tonton Popo a dit…

le Congo RDC est un pays qui a du pétrole, en petite quantité, mais qui ne lui est pas profitable. C'est le moment de se tourner vers les énergies renouvelables. Le maïs ne devra plus servir qu'à préparer du fufu.

philémon a dit…

Vu le niveau actuel du pouvoir d'achat des congolais, l'état congolais devrait faire un éffort de subventionner tant soit peux les compagnies pétrolières, une façon de venir au rescousse d'une population dont le niveau de vie est en dessous de la moyenne.

philémon a dit…

Faites-vous la pub de la COHYDRO ?