Dans moins d'une semaine, la République démocratique du Congo va célébrer le quarantehuitième anniversaire de son indépendance. De l'Etat indépendant du Congo de Léopold II à la RDC de Joseph Kabila en passant par la colonie belge et la période du règne de Maréchal Mobutu Sese Seko, plusieurs décennies se sont écoulées, effacées comme la glace qui fond sous le soleil tropical. Le pays est resté le même. Les réalités aussi.
Le Belge est demeuré dans ses préjugés. Le complexe de supériorité devant le Congolais sommé à vivre dans le cadre du paternalisme. La cession du Congo à la Belgique par Léopold II est considérée par l'historiographie africaine comme "les deux narines d'un nez".
Que nous reste du patrimoine laissé par les Belges?
Comparaison n'est pas raison. Des progrès notables ont été enregistrés après cette période.
Les infrastructures routières, hospitalières et même scolaires ont été construites pour des besoins de la colonie: évacuation des matières premières, formation des hommes valides et aptes aux métiers. En d'autres termes des auxiliaires de l'homme belge.
Les traces laissées par la Belgique au Congo continuent à servir les Congolais après la disparition prématurée des leaders de l'Indépendance dont Lumumba et Kassavubu, emportés par la maladresse due à l'impréparation.
Que nous reste du patrimoine laissé par les Belges? Cette question qui raisonne dans les cervelles du Congolais a son essence dans la réflexion que doit se faire l'élite congolaise lorsqu'elle observe le vécu quotidien de ses compatriotes.
Le Congolais mange une seule fois les deux jours. Dans certaines familles, les repas sont alternés entre adultes et enfants faute de moyens.
Le chômage bas son plein faute d'industries et usines, pillées pendant les années 90. D'autres secteurs pourvoyeurs d'emploi ont tout simplement été fermés consécutivement à la mauvaise gestion des congolais pendant la "zaïrianisation" (privatisation) des biens appartenant aux étrangers. La RDC paie aujourd'hui l'inconstance de ses dirigeants qui n'ont pas su gérer correctement le patrimoine légué par les belges.
Parallèlement à la crise économique qui secoue fortement le pays, le Congolais vit au rythme de la querelle entre ses dirigeants et les autorités belges au sujet de la bonne gouvernance.
Inflation à outrance de la monnaie, salaires de misère, chômage
Le bilan, après quarante-huit ans de l'indépendance peut se résumer à titre de déchirement du tissu économique, l'inflation à outrance de la monnaie, les salaires de misère, le chômage. C'est le lot quotidien que vit le Congolais qui ne sait pas à quel saint se vouer.
Outre ces aspects d'ordre social, on peut épingler la dérive totalitaire constatée dans le chef de dirigeants. Ces derniers n'hésitent pas à réprimer moindre position divergeant à leurs lignes de conduite. Les journalistes sont parmi ceux-là qui en paient les frais.
Dans cette sauce indigeste, viennent s'ajouter d'autres ingrédients notamment les guerres à répétition qui rappellent les sécessions de triste mémoire à la seule différence qu' actuellement les causes sont liées à la frustration et à l'exclusion.
L'Est du pays en paie les conséquences devant l'œil médusé des missions des Nations unies apparemment boudées par les populations locales pour incapacité de les protéger.
L'ouest du pays vit au rythme de la répression par la police nationale des adeptes du mouvement mystico-religieux communément appelé "bundu dia kongo"(le cœur du peuple kongo, ndlr) qui veut restaurer les limites du royaume kongo tronquées par la conférence de Berlin. Le sang a récemment coulé dans la province du Bas-Congo, sans que les auteurs soient punis.
Les résultats concrets des "cinq chantiers" se font attendre
Devant ce tableau sombre, certaines solutions ont été préconisées à travers des projets pharaoniques : les cinq chantiers.
Les Congolais demeurent sceptiques quant à la réalisation de ces projets dont le début continue à se faire attendre.
L'homme de rue a encore frais en mémoire, les tonnes de matériel roulant importé d'Allemagne ayant échoué dans les forêts de Bandundu et de l'Equateur sans avoir été utilisé et qui constitue aujourd'hui de la mitraille vendue aux libanais.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les Congolais pensent à la réédition de la situation des années 90. D'où le scepticisme et la méfiance.
Les politiciens congolais n'aiment ni contrôle ni les conseils constructifs .Ce que les belges qui avaient exporté leurs querelles intestines au Congo ne comprennent pas encore. Le ministre belge des Affaires étrangères De Gucht n'oubliera pas de si tôt la colère de Kabila et de sa famille politique contre ces propos, pourtant pédagogiques.
Les tiraillements consécutifs à la remarque de M. De Gucht ont failli provoqué la rupture des relations diplomatique entre les deux pays dont l'avertissement fut la fermeture , sur demande expresse du gouvernement congolais, des consulats de la Belgique à Lubumbashi et à Bukavu.
Les mésententes entre les autorités de deux pays avaient abouti en 1967 , à la nationalisation de la GECAMINES, la plus grande industrie extractive des matières précieuses du pays avant la "zairianisation" des biens des étrangers. Les conséquences sont connues de tous.
La ville de Kananga connait depuis une semaine un mouvement peu habituel de politiciens qui s'y rendent en masse pour participer aux festivités de 48 ans de l'indépendance du pays. Circonstance oblige. Il faut paraitre devant les yeux des décideurs comme des militants inconditionnels en prévision du remaniement ministériel en vue. Le poste ministériel est synonyme de l'aisance matérielle avec toutes les conséquence que cela implique dans la gestion des affaires publiques.
Les Congolais ont besoin d'un pays où il fait beau vivre. Les bonnes routes, les soins médicaux pour tous, le renouvellent de l'outil de travail de l'administration publique, les salaires décents, la lutte contre l'impunité et la corruption, la distribution équitable du revenu national.
Agir autrement, c'est sacrifier tout un peuple qui a raison d'appliquer la vindicte populaire contre les dirigeants véreux.
LOTO
jeudi 26 juin 2008
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